Publication dans Blood

GARP dans le cancer : l'histoire continue...



Sophie Lucas (WEL Research Institute - UCLouvain) et son équipe ont identifié GARP comme une nouvelle cible en immuno-oncologie en 2009, ce qui a conduit, une décennie plus tard, à l'initiation d'un essai clinique, toujours en cours, dans les tumeurs solides avec un partenaire industriel.  Ici, l'équipe montre que cette stratégie de blocage de GARP a également un potentiel thérapeutique dans les tumeurs " liquides " telles que les néoplasmes myéloprolifératifs.

Ce résultat s'inscrit dans le cadre d'une longue série de recherches menées par l'équipe de l'Institut de Duve :

  • 2004 : Lancement du projet pour comprendre le fonctionnement des lymphocytes T régulateurs (Tregs) qui bloquent les réponses immunitaires en cas de cancer.
  • 2009 : Découverte de la molécule GARP à la surface des Tregs. 
  • 2018 : Compréhension du rôle de GARP : la molécule agit comme un messager pour les Tregs, envoyant des signaux qui sabotent les réponses immunitaires contre les tumeurs. Sophie Lucas est ensuite parvenue à développer des anticorps anti-GARP capables de neutraliser l'effet bloquant de cette molécule sur le système immunitaire. Cette importante découverte a été publiée dans Science.
  • 2020 : Le laboratoire a montré chez la souris que les anticorps anti-GARP  induisaient des régressions de tumeurs de souris autrement résistantes à l'immunothérapie anti-PD-1. Ces résultats ont été publiés dans Nature Communications et ont marqué le lancement d'une étude clinique de phase I, toujours en cours, avec un partenaire industriel.

Ici, le groupe de Sophie Lucas, en étroite collaboration avec les groupes de Pierre Coulie et Stefan Constantinescu, tous deux également chercheurs du WEL Research Institute à l’UCLouvain/Institut de Duve, a démontré que les anticorps anti-GARP développés dans son laboratoire étaient également efficaces contre certains cancers du sang en monothérapie.  

Le groupe savait depuis longtemps que GARP, la molécule ciblée par les anticorps, était exprimée non seulement sur les Tregs immunosuppresseurs, mais aussi sur les plaquettes et les mégacaryocytes, qui sont anormalement abondants dans certains cancers du sang, tels que les néoplasmes myéloprolifératifs.  "Nous avons étudié ces cancers du sang en particulier car ils s'accompagnent d'une prolifération anormale des mégacaryocytes et des plaquettes. Nous avons pensé qu'il serait intéressant de cibler ces cellules cancéreuses avec nos anticorps anti-GARP", explique Sophie Lucas.  Les résultats ont été concluants... mais il y a eu une surprise !  "En effet, les plaquettes et les mégacaryocytes cancéreux expriment bien GARP, mais ce n'est pas parce que nos anticorps ciblent ces cellules qu'ils sont efficaces, c'est parce qu'ils ciblent les Tregs. Nous ne nous attendions pas du tout à cela ! "

Référence : Lecompte et al (2022) Blood doi: 10.1182/blood.2022017097

Source : Communiqué de presse de l’UCLouvain

Illustration: par FLY:D sur Unsplash

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