Obésité et diabète: influence du cerveau sur le microbiote intestinal
L’hypothalamus régule l’appétit comme un interrupteur: il s’active quand on a faim et s’éteint quand on est rassasié. Chez les personnes diabétiques de type 2, ce système est déréglé, ce qui perturbe la sensation de satiété et favorise l’obésité. Pour comprendre ce dysfonctionnement, des scientifiques de l’hôpital clinique de Barcelone (IDIBAPS) et de l’Université de Santiago de Compostelle (Espagne) ont fait appel à l’équipe de recherche de Patrice Cani (WEL Research Institute – UCLouvain) pour ses compétences reconnues en matière de microbiote intestinal.
Les chercheurs ont mené des expériences sur des souris, en utilisant des techniques génétiques et un implant cérébral pour injecter des hormones liées à l’appétit (ghréline, GLP1, leptine). Ils ont observé que modifier l’activité des neurones de l’appétit entraînait, en seulement deux heures, des changements majeurs dans la composition du microbiote intestinal, même sans ingestion d’aliments. Ces modifications aussi rapides et aussi forte de la composition du microbiote étaient totalement inattendues. Ces résultats démontrent l’existence d’une communication bidirectionnelle dans l’axe cerveau-intestin permettant une adaptation rapide de la composition du microbiote intestinal. Cependant, cet effet n’est pas observé chez les souris obèses et diabétiques, suggérant une rupture du dialogue cerveau-intestin, qui pourrait jouer un rôle clé dans le développement de l’obésité.
Référence: Toledo et al, Rapid modulation of gut microbiota composition by hypothalamic circuits in mice, Nat Metab (2025), https://doi.org/10.1038/s42255-025-01280-3
Source : Communiqué de presse UCLouvain
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