Comment un récepteur méconnu pourrait protéger notre cœur
Le remodelage hypertrophique du cœur, précurseur de l’insuffisance cardiaque, reste une pathologie grave aux traitements limités. Depuis plusieurs années, l’équipe de Jean-Luc Balligand (WEL Research Institute – UCLouvain) a étudié la signalisation médiée par le récepteur beta3-adrénergique dans les cellules cardiaques. Peu exprimé dans le cœur normal, son abondance relative augmente dans le cœur malade. Surtout, il protège durablement le cœur contre l’hypertrophie.
Les travaux récents de l’équipe révèlent le mécanisme précis de cette protection cardiaque. Dans des souris transgéniques, l’activation de ce récepteur améliore l’efficacité énergétique cardiaque en stimulant la captation du glucose, renforçant les défenses antioxydantes, et la production d’ATP nécessaire pour soutenir la contraction du coeur, par un mécanisme qui repose sur l’activation du facteur de transcription NRF2. Cette signature métabolique a aussi été identifiée dans des cellules humaines, ouvrant la voie à un repositionnement d’agonistes beta3 utilisés en urologie pour traiter certaines formes d’insuffisance cardiaque, comme déjà suggéré dans des études pilotes.
Référence: Michel et al, An NRF2/β3-adrenoreceptor axis drives a sustained antioxidant and metabolic rewiring through the pentose-phosphate pathway to alleviate cardiac stress, Circulation (2025) 151:1312-1328
Illustration: Avec la permission de Jean-Luc Balligand
