Vulnérabilité cachée des cellules face aux lipides
Le paradigme dominant veut que les cellules tumorales exposées à un environnement acide adaptent leur métabolisme en passant du sucre aux acides gras. L’équipe d’Olivier Feron (WEL Research Institute – UCLouvain) remet en cause cette vision en montrant que c’est le microenvironnement, plutôt qu’un changement métabolique intrinsèque, qui dicte la préférence pour les acides gras.
Les chercheurs ont démontré qu’en conditions acides, les acides gras deviennent protonés et sont plus facilement absorbés par les cellules. La surcharge en acides gras à très longue chaîne qui en résulte crée un fardeau métabolique, rendant les cellules cancéreuses fortement dépendantes des peroxysomes pour leur détoxification. L’inhibition de la fonction peroxysomale a permis d’éliminer sélectivement ces cellules cancéreuses dans de tels environnements acides. Cette vulnérabilité a été confirmée dans des organoïdes tumoraux dérivés de patients ainsi que dans des expériences menées avec des sérums humains. Fait important, la même absorption d’acides gras induite par l’acidité a été observée dans les cellules endothéliales et cardiaques, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques non seulement en oncologie mais aussi en cardiologie.
Référence : Ibanez S et al, Acidosis forces fatty acid uptake and metabolism in cancer cells regardless of genotype, Adv Sci (2025) e05436
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