Détourner le cuivre pour lutter contre le cancer
Le cuivre, indispensable au fonctionnement des cellules, devient toxique lorsqu’il est présent en excès. Pour s’en protéger, les cellules régulent strictement son homéostasie en le séquestrant dans des compartiments spécifiques. La perturbation de cet équilibre pourrait induire une toxicité exploitable contre les cellules cancéreuses.
C’est précisément cette approche qu’ont adoptée Hennie Valkenier (WEL Research Institute – ULB) et ses collègues. Les chercheurs ont développé Cuphoralix, une petite molécule de type « crabe » capable de se lier sélectivement aux ions Cu+, prédominants à l’intérieur des cellules, et optimisée pour s’insérer efficacement dans les membranes lipidiques. Dans des cellules cancéreuses hépatiques, Cuphoralix libère le cuivre des vésicules intracellulaires vers le cytosol, entraînant une surcharge toxique et la mort cellulaire. Cette approche, qui cible l’homéostasie du cuivre, ouvre de nouvelles perspectives pour le traitement du cancer.
Le développement de Cuphoralix repose sur huit années de recherche et de nombreuses collaborations, notamment avec Anna Maria Marini (WEL Research Institute - ULB), combinant chimie (WEL-T) et sciences de la vie (WELBIO) au sein des deux départements du WELRI.
Référence: Renier et al, Potent biological activity by a synthetic cu(i) cationophore redistributing intracellular copper pools, J Am Chem Soc (2026) 148 : 593–604
